La 5G et l’auto : top départ ?

Numérique. Déterminant pour l’avènement des véhicules
autonomes, le déploiement de la 5G en Europe est attendu en 2020,
y compris en France. Si les opérateurs de télécoms se disent prêts,
équipementiers et constructeurs automobiles peinent à se projeter.

Le sans-fil n ’a cessé de progresser depuis trente ans. Après la 4G, nous allons tous nous convertir à la 5G. C’est la voie qui nous conduira vers le très haut débit, la faible latence et la multiplication des services associés. Certaines études montrent que le nombre de services embarqués, tels que la maintenance prédictive, l ’assistance à la conduite et au stationnement, le paiement, la gestion des accidents ou les appels d ’urgence, devrait augmenter de 150 % entre 2016 et 2020. Mais les questions fusent quant au déploiement de la 5G.

tion des services associés. Certaines études montrent que le nombre de services embarqués, tels que la main tenance prédictive, l ’assistance à la conduite et au stationnement, le paiement, la gestion des accidents ou les
appels d ’urgence, devrait augmenter de 150 % entre 2016 et 2020. Mais les questions fusent quant au déploiement de la 5G.

Si ce réseau mobile du futur est déjà présent aux ÉtatsUnis ou encore en Corée du Sud, pays où il a déjà converti près de 3,5 millions d ’abonnés, il ne sera commercialisé massivement qu ’en 2020 en Europe. La primeur du lancement sera donnée à l ’Allemagne ou au Royaume-Uni. La France devrait suivre. « La 5G est la technologie mobile qui se déploiera le plus rapidement, explique Franck Bouétard, PDG d’Ericsson France.
D ’ici à 2024, la 5G devrait représenter 20 % des abonnés
et 35 % du trafic de données mobiles. »

Le sans-fil divise les constructeurs
Consommateurs et industriels se préparent à cette arrivée, peut-être même encore plus du côté des constructeurs automobiles dans le cadre du véhicule autonome. La promesse de la 5G réside en effet dans
l ’offre de voitures plus sûres et plus intelligentes, communiquant entre elles et avec leur environnement. Or le réseau de données sans fil divise les
constructeurs. D ’un côté, Volkswagen, General Motors, Toyota ou Volvo prônent le wi-fi ; de l ’autre, Daimler, BMW ou Ford soutiennent la 5G. Le sujet reste un peu flou. Nous avons contacté, en vain, les groupes français. Si Renault a assuré travailler sur le sujet, il ne veut cependant pas communiquer. Le service communication de PSA a répondu qu ’« en effet,
nous continuons nos actions sur la 5G à travers différents projets et avec divers partenaires. Nous serons plus à même d ’en parler dans quelques mois ».

« Elle est encore très confidentielle »

JACQUES BONIFAY
PRÉSIDENT DE TRANSATEL (GROUPE NTT), SPÉCIALISTE DU SUPPORT AUX OPÉRATEURS VIRTUELS
Comment les constructeurs automobiles travaillent-ils la connectivité actuellement ?
Deux constats sont identifiés. Il y a des groupes impliqués sur le
sujet de manière opérationnelle, avec le wi-fi, comme Jaguar Land
Rover ou FCA, que nous équipons par exemple (service cellulaire
de connectivité à bord). Mais il y en a d’autres qui se projettent à
dix ans avec la 5G, comme PSA, qui réalise quelques tests pilotes,
sur circuit notamment. Et les deux mondes communiquent
visiblement très peu.
il est donc encore trop tôt pour parler de la 5G…?
En fait, tout dépend des opérateurs, Orange, Vodafone ou
Free, qui nous donneront les accès. Rappelons que la 5G va
contribuer au développement de la conduite connectée et
autonome, il y a un vrai enjeu de sécurité. Mais l’excitation monte
crescendo. Ce sujet a été rendu très médiatique, mais il faut
savoir que son déploiement va prendre un peu de temps. C’est
encore très confidentiel.
Quel est votre positionnement?
Je me prépare à travailler la 5G.
Je suis prêt concernant l’architecture technique et je
pense pouvoir me brancher dessus pour une première
expérience fin 2020 ou début 2021, dès qu’un opérateur
proposera les premières licences d’expérimentation. Il me tarde de
jouer un peu avec la 5G, mais avant, nous devons tous nous
organiser.

Cas d’usage sur piste d’essai
Les deux constructeurs français sont partenaires du
nouveau centre d ’essai pour véhicules autonomes
Teqmo, exploité par la société Utac-Ceram sur le cir
cuit de Linas-Montlhéry (Essonne). Au même titre
que Valeo, Bouygues Telecom, Ericsson et Orange.
Tous opèrent différents cas d’usage sur ces 12 km de
pistes d’essai (circuit autoroutier, voies urbaines et
autres parties permettant de simuler des scénarios
de stationnement, de manœuvre ou de freinage) afin
d ’homologuer leurs nouvelles technologies, y com
pris en lien avec la 5G. Des infrastructures commu
nicantes ont été installées en bord de piste pour faire
rouler des voitures autonomes. PSA compte une ving
taine de prototypes habilités à circuler sur routes
ouvertes et revendique déjà 170000 km parcourus en
conditions réelles depuis quatre ans. Selon Franck
Bouétard, Ericsson, l ’équipementier de télécommuni
cation qui œuvre également sur le circuit de Trans
polis à Lyon, a testé certaines situations de la vie rou
tière, comme doubler un véhicule sans savoir ce qu ’il
y a en face (via le réseau, les flux vidéo de la caméra
de la voiture devant sont récupérés, puis reportés sur
l ’écran de la voiture qui doit doubler) ou encore aler
ter le conducteur lors d ’un passage de véhicules de
sécurité (ces derniers apparaissent sur le GPS,
accompagnés d ’un message). «Il y a des tests et tout
fonctionne, affirme le PDG d ’Ericsson France. La 5G
va avoir un vrai impact sur la conduite, mais aussi sur
la sécurité bien sûr. Cependant, nous n ’avons pas
d ’ordre d ’idées quant à l ’utilisation à grande échelle de
la 5G dans le secteur de l ’industrie automobile. » Selon
lui, même si une exigence de couverture est requise
par le gouvernement français, la 5G va d ’abord être
installée dans les grandes villes et devrait être propo
sée hors des zones urbaines à l ’horizon 2022, voir 2024.
Aux constructeurs de s’adapter pour qu ’ils
puissent exploiter les propositions des opérateurs.
JUSTINE PÉROU

Source L’Argus_ITW Jacques Bonifay

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